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Mini (1959-2000)
                                     

ⓘ Mini (1959-2000)

La Mini originale, initialement Morris Mini Minor et Austin Seven, sorties simultanément, est un modèle dautomobile dentrée de gamme conçue pour BMC par lingénieur anglo-grec Alec Issigonis et fabriquée à Longbridge près de Birmingham. Elle fut vendue sous plusieurs marques Austin, Morris, Rover, Wolseley, Riley, Leyland et sous licence italienne Innocenti, avant de devenir une marque propre en 1969. Le modèle commercialisé sous la marque Innocenti était produit à Lambrate, un quartier de Milan.

                                     

1. Histoire

En 1956, et à la suite de la crise du canal de Suez qui provoque un rationnement du pétrole, Sir Leonard Lord, alors haut responsable de la British Motor Corporation BMC, demande à Alec Issigonis, Lam et Laurence Pomeroy de concevoir une nouvelle voiture économique. Leur bureau détudes se situe à Longbridge. Le code du projet est "ADO15" pour "Austin Drawing Office project number 15". Chacun pilote une petite équipe et la réalisation dun concept ; le projet retenu sera celui dAlec Issigonis, qui était aidé de Chris Kingham et Jack Daniels. Le prototype sera produit au bout de seulement huit mois détudes et verra le jour en octobre 1957.

Ce premier véhicule, doté dun moteur de 850 cm 3 monté transversalement - tout comme le bicylindre 2 temps de la DKW F1 de 1931 - avec le ventilateur côté droit, atteint la vitesse de 145 km/h. À lépoque la concurrence a adopté le "tout à larrière", moteur et propulsion, sur les trois véhicules les plus vendus, à savoir la Volkswagen Coccinelle, la Fiat 500 et la Renault Dauphine. Pourtant, Alec Issigonis, qui apprécie les Citroen et leurs idées, choisit une orientation "tout à lavant". Le choix du moteur de la Morris Minor est fait pour ne pas avoir à concevoir de nouveau celui-ci. La révolution sera de mettre la boîte de vitesses sous le moteur en position transversale, le carter moteur et celui de la boite de vitesse partageant la même huile. Avec le choix de mettre des petites roues de 10 pouces, solution elle aussi novatrice, le véhicule consacre 80 % de sa longueur à loger ses occupants et leurs bagages.

La nouvelle voiture est mise sur le marché en 1959 sous marque Morris et Austin: de conception très innovante pour lépoque par Alec Issigonis pour British Motor Corporation, ils gagnent tous deux le Trophée Dewar, pour la création et la production de la Mini. Pourtant le succès nest pas au rendez vous: trop spartiate ou trop chère, les clients la boudent. Entre 1961 et 1969, une version de la Mini avec un coffre plus grand nommée soit Wolseley Hornet reprenant le nom d’une voiture de sport des années 1930, soit Riley Elf, est produite. La Mini elle-même peut être achetée dans plusieurs styles de carrosserie ; l’ordinaire deux portes, un break avec l’arrière s’ouvrant comme des portes de grange, et une version avec un extérieur en bois similaire à celui de la Morris Minor.

Les années 1960 seront la période glorieuse de la Mini avec des achats bien mis en scène par des vedettes, et des victoires de la Mini Cooper en rallyes. Mais celle-ci ne sera pas profitable à cause de méthodes de fabrication périmées nécessitant beaucoup de ressources humaines pas de robot. En 1965, la marque Marcos en dérive un coupé sportif. Lannée suivante les Beatles reçoivent chacun un exemplaire et George Harrisson la décore de dessins hippies. La Mini devient, au milieu des années 1960, symbole du Swinging London en plein Beatlemania. En France, Brigitte Bardot roule dans Saint-Tropez avec cette voiture, tandis que Jacques Dutronc chante "Mini Moke et minijupe Tout est mini dans notre vie". La mini devient un accessoire de mode, jeune et sexy, souvent colorée. En 1967, BMC, Standard-Triumph et Rover fusionnent et forment le groupe British Leyland lannée suivante. À la suite de la suppression des badges Austin Mini et Morris Mini-Minor par British Leyland, Mini devient une marque automobile en 1969. Cette année là, la Mini est dans le film Lor se barre. Un redesign est effectué, et une nouvelle carrosserie apparait, donnant la Mini Clubman.

  • En 1989, Austin réintroduit à son catalogue deux versions spéciales au look Cooper, la Check Mate, la Flame Red et la Racing Green. La production sarrête un an plus tard avec la fin dAustin et de la Metro les modèles Austin arboreront désormais le sigle Rover et la Metro sera remplacée par la Rover 100.
  • En 1994 sous Bernd Pischetsrieder, BMW prend le contrôle du Groupe Rover alors constitué des marques Rover, MG, Mini et Land Rover. Mais six ans après, Rover continue à subir des pertes colossales et BMW décide de jeter léponge.
  • En 1980, Austin présente la Metro, voiture partageant de nombreuses pièces avec la Mini et censée lui succéder.
  • En 1991, Rover joue le mythe et ressuscite la Mini Cooper à moteur 1 275 cm 3, qui avait disparu du marché depuis une dizaine dannées.
                                     

2. 2000: Cession de Rover

  • Le constructeur allemand BMW gardera seulement la marque Mini et lusine dOxford, et vend maintenant une nouvelle version de la Mini depuis 2001.
  • Les Phoenix Venture Holdings étaient intéressés pour racheter les droits dutilisation de Riley, mais BMW a refusé.
  • Quant à la marque de véhicules tout-terrain Land Rover, elle a été cédée à Ford.
  • En 2000, BMW vend Rover, lusine de Longbridge et la marque de voitures de sport MG aux Phoenix Venture Holdings un groupe de quatre industriels anglais.
                                     

3. Données techniques

  • Freins: disques à lavant et tambours à larrière pour les Cooper disques de diamètre différent selon la taille des jantes: 7 ou 75 pouces pour une jante 10 pouces et 84 pouces pour une jante de 12 pouces ; tambours à lavant et à larrière pour le reste. Enfin disques et tambours pour tout le monde à partir de 1984.
  • Derniers moteurs disponibles 1993-2000: 4 cylindres, 1 275 cm 3, 61 ch à 5 700 tr/min ou 63 ch Cooper.
  • Transmission: boîte manuelle à quatre vitesses ou boîte auto sauf Cooper.
  • Suspensions: amortisseurs et cônes caoutchouc, amortisseurs télescopiques et cônes caoutchouc et hydrolastic certaines Cooper et Clubman 1275 GT de 1969 à 1976.
  • 0 à 100 km/h: 11.5 secondes Cooper.
  • Poids: 620 à 700 kg, selon les versions.
  • Vitesse max.: 147 km/h Cooper et 160 km/h Cooper S.
  • Empattement/longueur/largeur/hauteur cm: 203 / 305 à 317 selon version / 141 / 134 à 136 selon version.

La voiture utilise un moteur traditionnel quatre cylindres refroidi à leau mais monté transversalement et abritant dans son carter la boîte de vitesses. Cest une traction avant. Ses minuscules roues de 10 pouces dorigine ont été remplacées par des 12 pouces à partir de 1984 ou 13 en option, milieu des années 1990. Placées aux quatre coins de la carrosserie, elles permettent une habitabilité correcte pour quatre personnes, même si lespace arrière se révèle un peu juste pour deux adultes.



                                     

4. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo

La seule histoire de la Mini et son palmarès sportif ne se résume pas à ses seules participations au très fameux rallye instauré en 1911 par Anthony Noghès en. Mais la représentativité de ladite manifestation, et les péripéties qui ont jalonné les participations successives de la petite voiture britannique en Principauté de 1960 à 1968 sous légide de la British Motor Corporation offrent lune des meilleures vitrines au portrait exceptionnel de la Mini.

                                     

4.1. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo Premiers balbutiements

Six mois après lentrée en scène de la Mini, le département sportif de la BMC, alors sous la houlette de Marcus Welsh, confiant du potentiel sportif des Morris et Austin 850, décide dinscrire six voitures dusine au célébrissime rallye Monte-Carlo, couplées à une seule Austin A40 ; on note également la présence de six Mini privées. Las, en raison dun souci chronique dembrayage dès les premières pentes du parcours obligeant même léquipage Alec Pitts / Tony Ambrose à ajouter du sable pour épaissir le fluide dembrayage!, la mieux classée des Mini Peter Riley en / Rupert Jones) termine en 23 e position. La 73 e place du rallye échoit également à lune des Mini dusine, même si la voiture qui se présente à Monaco ne ressemble plus tellement à une Mini: après avoir embouti larrière dun autre concurrent perdu dans le brouillard, puis un camion de laitier peu avant larrivée à Monaco, les portières de la Morris 850 n o 284 tiennent avec des cordes, plus une vitre ne subsiste sur la caisse, la voiture a bien du mal à rouler en ligne, et le toit a subi un singulier affaissement.

En 1961, le bilan est pire encore: à lapproche de Reims et donc du terme de la concentration, la Mini de Peter Garnier entre en collision avec la Peugeot dun fermier local, occasionnant une côte cassée pour le pilote britannique et un abandon instantané ; Tom Christie, en proie à une intoxication alimentaire, ne peut lui non plus poursuivre ; quant à la Mini de Derek Astle, cest un brusque éboulement sur le parcours montagnard qui entraîne voiture et équipage dans un ravin Alpestre du tronçon commun. En définitive, aucune des trois voitures dusine inscrites ne se présente à Monaco.

                                     

4.2. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo Lère Cooper

Entre-temps, un certain John Cooper, créateur de la Formule 1 à moteur central, parie sur la Mini aux fins dune vocation sportive: la voiture est extrêmement maniable et légère, seules manquent puissance et fiabilité. Laboutissement technique et les divers développements apportés font porter la cylindrée à 997 cm 3, le taux de compression est augmenté, deux carburateurs prennent place, et léchappement est modifié: le tout faisant grimper la puissance de 34 à 55 chevaux. Pour plus de sécurité, on procède également au remplacement des freins à tambours par des disques à lavant, procurant à la petite boîte de 620 kg de très sérieux atouts.

En 1962, nouvelle tentative Monégasque, avec de nouvelles têtes: Stuart Turner arrive aux commandes du département course de la BMC ; pour ce qui est des équipages, un certain Rauno Aaltonen à lorigine inscrit comme copilote de Geoff Mabbs, il conduira la grande majorité du parcours, et une certaine Pat Moss, soeur du célèbre pilote Britannique Stirling Moss font leur apparition au volant dune Cooper. Si Aaltonen manque dy laisser sa peau lors dun capotage de la Mini dans le col de Turini alors en bataille pour la seconde place avec Eugen Böhringer derrière la Saab du suédois Erik Carlsson, à lissue duquel la Mini Cooper disparaît en fumée, la Morris Cooper de Pat Moss / Ann Wisdom en glane son tout premier trophée historique sur lépreuve, en remportant la Coupe des Dames. Pat Moss conclura dailleurs cette année 1962 fort brillamment en décrochant le titre de Championne Féminine Européenne des Rallyes.

Un an plus tard, BMC inscrit quatre Mini Cooper aux côtés de limposante Austin-Healey de léquipage Timo Makinen / Christabel Carlisle. Cette fois-ci, la Morris Cooper pilotée officiellement par Rauno Aaltonen remporte les honneurs de la catégorie "Tourisme de série normale et améliorée" et prend la 3 e place du général, derrière Pauli Toivonen Citroen DS et Erik Carlsson Saab 96. Suivent la Cooper de Paddy Hopkirk 6 e du général, 2 de catégorie, celle du tandem féminin Pauline Mayman en / Val Domleo, 28 e au général, 4 de catégorie, et pour finir, la Cooper de Logan Morrison / Brian Culcheth 44 e au général, première de la catégorie Grand Tourisme. La Mini Cooper vient de faire la démonstration de son grand potentiel.



                                     

4.3. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo Sacrée "S"

Encouragé par ces résultats, BMC sadresse de nouveau à Cooper: la cylindrée passe à 1 071 cm 3, la puissance à 70 chevaux et la vitesse de pointe à 160 km/h. Cest la Mini Cooper S.

Le 17 janvier 1964, en ouverture du Championnat dEurope des rallyes, est à nouveau programmé le départ du fameux Monte-Carlo ; comme tous les ans, les voitures inscrites prennent le départ de différentes villes pour se rejoindre à Reims, terme de ce que lon appelle le parcours de concentration ; à partir de Reims, commence le parcours dit commun, long de 1 400 km et ralliant la Principauté Monégasque via le massif Alpin: outre la nécessité de pointer en temps et en heure aux contrôles horaires essaimés sur le parcours, et ce sans excès de vitesse plusieurs contrôles secrets sont implantés également, comme à Vizille, les voitures doivent disputer cinq "spéciales de vitesse" épreuves contre la montre sur routes publiques fermées à la circulation.

À lissue dudit parcours commun, cest la redoutable Ford Falcon à V8 de 4.7 litres de Bo Ljungfeldt qui se révèle comme prévu la plus rapide en temps chronométré: elle a remporté les cinq spéciales, laissant partenaires de marque dont un certain Graham Hill et autres pilotes reconnus loin derrière. Pourtant, le classement officiel, fruit de savants calculs intégrant lindice de performance en regard de la cylindrée du véhicule, ne place le Suédois quen troisième position: en effet, la Morris Cooper S rouge à toit blanc pilotée par Paddy Hopkirk na en tout et pour tout perdu quune minute et vingt-huit secondes, faisant même jeu égal avec la Falcon sur les 17.5 km de lE.S Saint-Apollinaire / Savines. De fait, la petite cylindrée de la Mini propulse léquipage Hopkirk / Liddon loin en tête du classement. Suivent ensuite limposante Mercedes 300, la robuste Volvo 544 et, en cinquième place, une autre Mini Cooper S, celle du finlandais Timo Mäkinen.

Lors de la dernière étape, organisée sur le circuit du Grand Prix dans les rues de Monaco, ce sont à nouveau les puissantes Falcon de Ljungfeldt et Schlesser qui trustent les premières places du classement, mais lagile Mini compte suffisamment davance aux points pour remporter le rallye Monte-Carlo. Pour compléter le triomphe, Timo Mäkinen est quatrième, et Rauno Aaltonen prend le septième rang. On notera également la grosse frayeur survenue à léquipage féminin Pauline Mayman en / Val Domleo sur la Cooper S n o 189, totalement détruite et partie en fumée après avoir durement "tapé" durant la concentration vers la cité Champenoise: bilan, une côte félée, une jambe fracturée et quelques bonnes contusions pour les deux équipières. mais un moral même pas entamé! Avec cette première victoire britannique au Monte-Carlo depuis 1956, la Mini fait une entrée remarquée dans lhistoire du sport automobile.

                                     

4.4. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo 1966, le "Monte-Fiasco"

Fort de la magnifique réussite de Makinen, et juste auréolés dun titre de Champion dEurope des Rallyes avec Rauno Aaltonen, la BMC nentend pas freiner dun pouce la dynamique Mini sur le plan sportif. La saison 1966 souvre comme à laccoutumée avec le traditionnel rendez-vous monégasque. et son lot de nouveautés: parcours de concentration ralliant directement la Principauté, suivi dès le lendemain par le parcours commun sous forme dune boucle Monaco - Chambéry - Monaco de près de 1 400 km pour un premier écrémage ; après une nuit de repos, place à létape finale de montagne, courue en conditions nocturnes. Fait marquant, outre la parution pour le moins tardive du règlement novembre 1965, le nouveau mode de calcul de lindice visant à équilibrer les rapports de forces entre les voitures fait la part belle aux véhicules strictement de série Groupe I, soit 5 000 véhicules au minimum produits durant les douze derniers mois, au large détriment des véhicules de tourisme Groupe II et de grand tourisme Groupe III: de là à y voir une volonté nette de couper lherbe sous le pied des Anglais et ainsi empêcher un triplé historique des Mini, il ny a quun pas que Stuart Turner sempresse deffacer allègrement en demandant un léger ajustement de la production des Cooper S 1275: 5 047 unités sont ainsi produites à la date denvoi de la demande dhomologation en groupe I, laquelle est ainsi validée en bonne et due forme.

Las, les craintes dune hostilité avérée des organisateurs monégasques envers la BMC se confirment avec plusieurs propos dofficiels et écrits de presse assez péjoratifs sinon irrévérencieux à légard des Britanniques dès leur arrivée en Principauté. Pire, le restaurateur accueillant toute léquipe BMC lâche à mi-mot que le sort des Mini est quoi quil arrive scellé, et que la victoire sera inéluctablement française.

Faisant fi de cette atmosphère, les voitures attaquent le parcours de concentration, au terme duquel lensemble des quatre Mini engagées rallient Monaco sans encombre. Le lendemain, place à la grande explication: si la première E.S entre Pont-des-Miolans et Saint-Aubin laisse encore un léger suspens quant aux intentions victorieuses des Mini, celles-ci remettent immédiatement les pendules à lheure dès la deuxième E.S du jour, celle du col des Lecques, avec un magnifique doublé Makinen - Aaltonen devant la Porsche 911 de Klass, Hopkirk également dans le coup. La suite de la journée nest quune démonstration de force du "trio infernal": les E.S enneigées de la Chartreuse, du Mont Ventoux, et la très rapide spéciale de La Roquette / Levens sont autant de terrains propices à une prise de pouvoir des Cooper S sur le retour du parcours commun. Dautant quà larrière, cest une véritable débandade: la Ford de Harper se traîne depuis Gap sur deux cylindres et finit par abandonner, radiateur crevé ; Jean-François Piot et sa R8 Gordini sont sortis à Seillans après avoir pourtant donné une belle réplique aux Mini ; Sandro Munari a joué de la pelle plus de 25 min pour dégager sa Lancia dun mur de neige.

À larrivée à Monaco, le triplé Mini annoncé ne fait déjà plus lombre dun doute. et la suspicion de remonter dun cran chez les détracteurs de la BMC: le mot "tricheur" est ouvertement lâché, et le bruit court quune plainte serait parvenue à la direction de course via la gendarmerie française, accusant certaines voitures du rallye de disposer dun éclairage de route ou de croisement de couleur blanche trop aveuglant. Les organisateurs décident de statuer après larrivée en couplant aux vérifications techniques complémentaires déjà prévues le contrôle de la conformité de léclairage. Et les 88 voitures rescapées du commun de repartir de plus belle à lassaut du parcours de montagne. Le suspens était déjà tué, les Mini vont lenterrer, et en grande pompe: dès lE.S Sospel - Notre-Dame-de-la-Menour et au premier passage au Turini, Mäkinen, Aaltonen et Hopkirk commencent leur festival en raflant les trois premières places. Seule la Porsche de Klass parvient à sintercaler à la Couillole et au second passage du Turini, mais la meute des adversaires se décime progressivement, quand elle napparaît pas résignée: Schlesser est obligé de lever le pied, Simo Lampinen et Jean Vinatier bloquent tour à tour leur boîte de vitesses dans le Turini, Ljungfeldt narrête pas de perdre de lhuile, et Vic Elford comme Sandro Munari abandonnent.

Radieux, Makinen rentre en vainqueur à Monaco: il ne le restera que quelques petites heures. Après démontage et vérifications scrupuleuses de lensemble des voitures victorieuses, le scandale éclate: dix voitures, dont les quatre premières, sont déclassées pour le motif déclairage non-conforme. On sinvective, et des noms doiseaux séchangent entre écuries françaises et anglaises: BMC crie au complot et au coup monté. Les organisateurs restent stoïques, tout juste argumentent-ils sur les avantages procurés par le système déclairage à rhéostat des voitures anglaises. pourtant parfaitement cautionné lors des vérifications initiales. Le rallye Monte-Carlo vacille, certains prédisent même la mort de lépreuve. Dans la confusion générale, Citroen et la DS 21 de Pauli Toivonen héritent donc de la première place, devant les Lancia Flavia de Trautmann et Andersson. Humblement, Toivonen refusera son prix. La BMC trouvera néanmoins un point positif dans toute cette affaire: à défaut des prix de lauréat, les retombées publicitaires envers la marque britannique nauront jamais été aussi grandes.

                                     

4.5. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo 1967, la revanche

Le traitement de "défaveur" de 1966 aurait pu dissuader les Britanniques de revenir en Principauté: cest sans compter sur lesprit revanchard de la BMC et des autres écuries anglaises, qui sengagent donc au traditionnel rendez-vous monégasque, bien décidés à laver laffront subi un an plus tôt. On avait quitté lorganisation princière un rien empêtrée dans les méandres de son règlement, on la retrouve fidèle à elle-même douze mois plus tard: le règlement évolue encore, et a de quoi étonner. Dans un esprit de réduire les disparités de chances entre amateurs et écuries dusines officielles, apparaît une catégorie dengagement pour laquelle le nombre de pneumatiques autorisé durant le rallye sera limité à huit ; en parallèle, subsiste une catégorie non limitative, mais forfaitairement pénalisée de 12 % en temps, où toute chance de victoire est donc nulle. Initiative louable en soi, mais que lensemble des écuries dusines vont sempresser de réduire à néant en munissant chacune de leurs assistances respectives de tout un outillage de recloutage. Pour les Mini dont la surface de stockage nest pas des plus spacieuses, malle et banquette arrières sont chargées daccueillir quatre roues supplémentaires ; afin de réduire la surcharge de poids ainsi générée, lensemble des pneus sont montés sur des jantes en alliage léger: cest la première apparition des fameuses jantes Minilite. À titre dappoint, deux roues supplémentaires sont aussi installées sur des galeries de toit respectives, lesquelles seront enlevées avant le départ du parcours commun.

Hormis une bonne tempête de neige essuyée par Hopkirk parti dAthènes dans la traversée de la Yougoslavie, aucun autre incident ne vient perturber le bon cheminement des cinq Cooper S jusquà Monaco, terme une nouvelle fois de la concentration. Au programme du lendemain, le parcours commun envoie les 195 équipages engagés sexpliquer, via un aller-retour jusque Chambéry, sur 6 tronçons chronométrés. Premier de la série, le traditionnel hors-doeuvre du Pont-des-Miolans jusque Saint-Auban, qui révèle aussitôt les ambitions des adversaires de la BMC: Léo Cella et Sandro Munari, tous deux sur Lancia Fulvia, semparent de la tête du classement, les Cooper S à quelques encâblures. La caravane se dirige ensuite vers le Mont Ventoux puis le Col du Rousset, deux ascensions chronométrées propices au tempérament fougueux de Vic Elford et de sa Porsche 911 S ; mais Hopkirk, Makinen et Aaltonen gardent le contact. Ce qui nest hélas plus le cas de Simo Lampinen, dont la Morris Cooper S crève dans lescalade du "Géant de Provence", et qui achève la montée vaille que vaille, pneu comme jante passablement détruits. Enfin, le massif de la Chartreuse et ses 45 kilomètres de secteur chronométrés vont bénéficier à larmada des Cooper S: Aaltonen passe à lattaque, et est le seul à descendre au-dessous des 36 minutes, en devançant Hopkirk de 9 secondes, Andersson et sa Lancia Fulvia de 35. Mais Vic Elford ne lâche absolument rien, et cest la Porsche qui rentre en tête à lissue du commun, trois Cooper S collées à ses basques, toutes à moins dune minute: autant dire une misère, surtout que lon annonce un changement des conditions climatiques pour le circuit de montagne du lendemain.

Et pourtant, cest encore Elford qui assène un grand coup dès les deux premières spéciales de vitesse, victorieux dans lE.S Sospel / Notre-Dame de la Menour, et deuxième derrière Andersson au premier passage du Col du Turini. Chez BMC, cest plutôt la soupe à la grimace: Makinen percute rapidement un rocher et perd tout espoir dans la lutte pour la victoire ; quant à Hopkirk, sa Cooper S connaît des problèmes dalimentation qui lempêchent de se livrer à fond. La lutte semble donc se focaliser entre Elford et Aaltonen, mais un troisième larron vient redistribuer les cartes: Andersson et sa Lancia Fulvia remportent coup sur coup les E.S du Turini et de la Couillole. La neige annoncée est bien au rendez-vous et augure dun final épique: cest à qui optera pour la meilleure stratégie de cloutage, et pour la plus grande finesse de pilotage. Elford, aux prises avec une Porsche désormais trop volatile sur la poudreuse voit son avance fondre littéralement. Au deuxième passage à la Couillole, la Porsche, la Mini et la Lancia se tiennent en un mouchoir de poche et dans cet ordre ; cest donc le dernier passage au Turini qui rendra le verdict, avec la neige en arbitre: Elford ne peut décemment suivre le rythme, Andersson joue son va-tout et devance Aaltonen et Cella de 20 secondes: il en reste treize au crédit de "Tintin Aaltonen", qui offre donc au team BMC une troisième victoire officielle en Principauté. La victoire est cette fois belle et incontestée, au sortir dun affrontement de toute beauté.

                                     

4.6. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo Mini Clubman/1275 GT

La Mini Clubman GT appelée aussi 1275 GT est la version GT de la Mini lancée de 1969 à 1980 et restylée en 1976. Son appellation a été reprise sur une version break de la Mini en 2008.

                                     

4.7. La Mini et le Rallye de Monte-Carlo 2001, la nouvelle gamme mini

En 2001, 1 an après la vente de Rover, BMW lance une nouvelle gamme de Mini.

                                     

5. Palmarès

Titres

  • Championnat de Suisse des voitures de tourisme: 1964, 1966 et 1967 Georg Theller;
  • Championnat britannique des voitures de tourisme: 1961 John Whitmore, 1962 John Love, 1969 Alec Poole, puis 1978 et 1979 sur Mini 1275 GT Richard Longman;
  • Championnat de Belgique des voitures de tourisme: 1964 et 1973 Gr.2 Julien Vernaeve;
  • Championnat des Pays-Bas Gr.2 (
  • Championnat dEurope FIA des voitures de tourisme: 1964 Warwick Banks;

Dictionnaire encyclopédique

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